Histoire de l’Orchestre d’Harmonie de Beauvais

Avertissement :

Il est très difficile de reconstituer l’histoire précise de l’OHB, en effet la plupart des archives a été détruite lors des bombardements ayant meurtri la ville de Beauvais.

La présentation ci-dessous reste donc très sommaire. Celle-ci pourra toutefois évoluer si de nouvelles contributions viennent l’enrichir.

A Beauvais, au moyen âge, l’école du chant de la rue de la cathédrale, enseigne le chant grégorien aux jeunes gens qui animent les offices religieux.

Les fêtes de famille (noces, naissances, anniversaires, …) sont toujours accompagnées de musiciens (flutes, cornemuses, tambourins, …).

Les orchestres d’harmonie se développent dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Des sociétés instrumentales apparaissent dès 1764 parmi les gardes françaises.

Outre les « classiques » tambours et fifres, l’orchestration compte 16 instruments : 1 cymbale, 1 grosse caisse, 3 bassons, 1 serpent (tuba) ,2cors, 1 flute et 6 clarinettes.

Plus près de nous, l’orchestre philarmonique de l’Oise, appelé « Le Concert » nait à Beauvais dans les années 1750.

Au cours de la révolution, les chants révolutionnaires sont joués par un violoniste ou un flutiste monté sur une table ou sur une borne protégeant les angles des maisons des roues des chariots.

L’orchestre d’harmonie révèle une dimension militaire et commence à accompagner les chœurs et les voix solistes lors des fêtes civiques.

Sous l’empire, de nombreux instruments font leur apparition comme le bugle et la trompette.

En 1845, Adolphe Sax invente le saxophone et le saxhorn.

Avec ces nouveaux instruments, l’orchestre d’harmonie moderne est né.

La grande expansion des orphéons (sociétés de chorales masculines formées en 1835), la remilitarisation de la France (après 1871) et la montée de l’industrialisation concourent au développement prospère des orchestres d’harmonie (dans un cadre régimentaire, d’entreprise, clérical, ou laïque, …).

L’harmonie municipale de Beauvais est créée en 1872, à la dissolution de la musique de la garde Nationale. Elle alors est dirigée par Robert DUBRAY

Elle prend ainsi le relais de la formation disparue pour jouer lors des manifestations patriotiques. Elle donne des concerts d’été au kiosque du jeu de Paume, au mont Capron, lors des fêtes telles que les fêtes Jeanne Hachette ou la fête des fleurs et des écoles.

Inspirés des pavillons de jardins du XVIIIème siècle dont la mode nous venait d’extrême orient, les kiosques s’étaient multipliés en France sous le second empire et la IIème république ;

Les concerts sont l’occasion d’écouter également des artistes lyriques, comme en 1884 ou participent des chanteurs de l’opéra populaire et des chanteurs comiques.

On retrouve l’orchestre pour rehausser des événements festifs ou moins heureux comme :
– Les Courses cyclistes sur le vélodrome
– Le Survol de Beauvais par l’aviateur Alfred LEBLANC en 1905
– Ou La Cérémonie de départs vers l’Angleterre des cercueils des victimes de la catastrophe du dirigeable R101 en octobre 1930

Au début du 20ème siècle, il existe sur Beauvais plusieurs sociétés musicales :
– La musique du 51ème régiment d’infanterie implanté dans les casernes Taupin, Agel (ex Saint Jean) et Watrin.
– La fanfare des usines DUPONT
– l’harmonie municipale
– La société philharmonique fondée en 1825.
– La chorale Municipale
– l’étendard (clairons, trompettes, tambours)
– La Diane (trompes de chasse)
– Et l’Harmonie artistique (élite musicale du Beauvaisis) jusqu’en 1914

Pour les fêtes patriotiques, la musique du 51ème RI accompagne le défilé sur la place de l’hôtel de ville, puis l’harmonie joue à l’issue.

L’orchestre d’harmonie compte de nombreux musiciens professionnels dans ses rangs et même des chanteurs qui charment (sans micro !) par des airs d’opéra ou des chants connus.

Les concerts d’été sont donnés en alternance par l’harmonie et la musique du 51ème RI sur le kiosque de la Place du Jeu de Paume. Cela perdure jusqu’au transfert d’une partie de la garnison vers Amiens à la fin des années 1930.

Lors de la première guerre mondiale, les musiciens de l’harmonie en âge d’être incorporés, se trouvent bien souvent dans les rangs de la musique du 51ème RI. Ils sont régulièrement employés comme brancardiers, Beauvais, située près du front, constituant une ville dite « arrière ».

En 1919, l’école de musique de Beauvais est créée sous l’impulsion de Georges Naquet, alors président de l’orchestre d’harmonie de Beauvais (qui avait fusionné en 1918 avec l’harmonie artistique de Beauvais). Ce dernier souhaite que l’école de musique forme des musiciens autonomes afin « d’alimenter » la musique militaire, l’harmonie et la chorale de la société philarmonique.

César Bourgeois, également sous-chef de la Musique de la Garde Républicaine assure ensuite la fonction de chef de l’orchestre de Beauvais.

Aujourd’hui cette école devenue le conservatoire à rayonnement départemental d’Eustache du Caurroy compte plus de 700 élèves musiciens.

L’âge d’or des harmonies se situe entre les premières années 1900 et 1936. De grandes manifestations musicales sont organisées. L’harmonie fait preuve d’une belle activité. De grands artistes y sont accueillis

Avec l’arrivée de la deuxième guerre mondiale, l’harmonie stoppe son activité (mobilisation des hommes et occupation). De nombreux musiciens de l’harmonie sont faits prisonniers en Allemagne.

Après 1945, les défilés se sont faits rares, la majorité des rues étant délimitée par des champs de ruine Les concerts reprennent lentement, la priorité étant à la reconstruction. Cette dernière s’achève à Beauvais en 1960.

Début 1970, on assiste à un regain d’intérêts pour les harmonies. Le développement des écoles de musique participe à la diffusion de la formation musicale amateur. Le répertoire se modernise. Les orchestres s’ouvrent à la musique de jazz, de variétés, …

De nouveaux compositeurs comme (de Meij, de Haan, …) enrichissent la palette des œuvres destinées à ce type de formation musicale.

De 1969 à 1986 l’orchestre est dirigé par Claude CLAISSE. Celui-ci soucieux du confort de ses musiciens a même équipé les musiciens de la fameuse cape du même nom, pour les protéger des intempéries picardes.

En 1986, l’harmonie municipale devient l’orchestre d’harmonie de Beauvais (OHB).

A son premier concert dirigé par Michel Gamblin le 28 mars 1987, on compte 64 musiciens.

Michel Gamblin a enseigné la clarinette à Beauvais de 1960 à 1993 ; Lauréat du concours international d’exécution de Genève en 1960, il est directeur de l’Harmonie de 1986 à 1996.Il a joué avec les plus grands (Licky LASKINE (harpiste), René LEROY (flutiste), Quatuor LOWENGHUT, …

Créateur de l’ensemble de clarinettes de Beauvais, il est également soliste au sein de l’orchestre philharmonique « le Concert ». Il est toujours très actif au sein de ces trois formations.

Début 90, les concerts se multiplient notamment avec des prestations remarquées dans les quartiers de Beauvais (Marissel, Notre Dame du Thil, Voisinlieu, Saint Just des Marais, …), devant généralement les anciennes mairies.

En 1996 Guy Danguin, alors clarinettiste soliste de l’orchestre national de France prend la direction de l’OHB.Il a joué avec BERNSTEIN, ABBADO, …Pédagogue, il enseigne au sein de l’école de musique de Beauvais et écrit plusieurs livres sur la clarinette. Le déplacement de 2001 en Russie avec un concert donné à Moscou reste comme l’un des moments les plus marquants de l’orchestre.

Décembre 2004, Guy Danguin passe la baguette à Régis Emorine.

Régis Emorine a commencé ses études Musicales au sein du conservatoire de Beauvais ; Il y a débuté la trompette à l’âge de 10 ans. À 14 ans, il intègre le troisième cycle du Conservatoire d’Amiens.

A la suite d’étude Musicologiques, à la Sorbonne

Il intègre le CNSM de Paris, dans la classe de Mr Zygel. Après 3 années passés au sein de ce Conservatoire, il obtient 4 prix d’Écriture (Harmonie, Contrepoint, Écriture XXès., Fugue et Formes) et valide un DFS d’écriture.

Actuellement professeur à Beauvais et Breteuil, il continue de pratiquer sa passion pour l’écriture de façon occasionnelle (Créations théâtrales, adaptations pour divers ensembles…) et dirige l’Orchestre d’Harmonie de Beauvais avec beaucoup d’enthousiasme.

Il est assisté d’Yvon Mansion et Yannick Parent qui dirigent respectivement depuis 1986 et 2005 ;

Depuis plusieurs décennies maintenant, les musiciens répètent chaque mardi soir, avec en complément depuis 2012, une demi-journée par mois.

L’OHB participe à toutes les cérémonies patriotiques Beauvaisiennes, rehaussent les messes de la Sainte Cécile et de la Saint Angadrème et donnent au minimum 2 concerts annuels à Beauvais (printemps et noël). Intergénérationnel, il compte actuellement 65 musiciens (de 14 à 85 ans !)

Elle constitue la musique officielle de la ville de Beauvais avec laquelle une convention est signée.

Ces dernières années, des échanges avec d’autres orchestres ont été organisés. Ainsi l’OHB a pu jouer à Tillé (60), Roye (80), Abbeville (80) et Witten (Allemagne).

L’OHB continue de jouer sa partition commencée il y a maintenant 140 ans. Les jeunes issus notamment du conservatoire Eustache du Caurroy et les anciens ont toujours à cœur d’offrir de la belle musique et ce pour le plaisir de leurs auditeurs.